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Vol. 8, no 3
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RAPPELDéclaration de l'OIT relative |
À l'aube du 21e siècle, 1,2 milliard de personnes vivent dans la pauvreté la plus abjecte. Plus de 800 millions vont au lit le ventre creux et 30 000 meurent chaque jour de causes liées à la pauvreté. La campagne « Abolissons la pauvreté » fait partie d'un appel mondial de lutte contre la pauvreté auquel ont adhéré les fédérations internationales (Global Unions) et les syndicats affiliés à la Confédération internationale des syndicats libres (CISL). Les campagnes nationales se déroulent actuellement dans plus de 50 pays.
Dans le cadre d’une initiative mondiale qui a eu lieu le 1er avril 2005, des personnes se sont mobilisées devant les ambassades françaises, allemandes, japonaises et d’autres membres du G7, dans divers pays du monde, pour demander l’annulation de la dette des pays les plus pauvres.
Ces manifestants ont prié les ministres des Finances des 7 pays les plus riches du monde – Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis – de mettre à profit les réunions de printemps de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International (du 16 au 17 avril) pour prendre des décisions historiques. Les manifestants anti-pauvreté ont fait appel aux membres du G7 pour qu’ils annulent complètement les dettes des pays pauvres et utilisent les réserves d’or du FMI pour compenser cette annulation.
La Journée d’Action Ambassades précédait les Journées Ruban Blanc de l’Action mondiale contre la pauvreté, au cours desquelles des centaines de milliers de personnes dans le monde entier rejoindront de gigantesques manifestations en juillet, septembre et décembre 2005, pour demander aux gouvernements d’honorer leurs promesses concernant la pauvreté. Les Journées Ruban Blanc coïncideront avec la rencontre du G8 en juillet, avec le Sommet des objectifs du Millénaire pour le développement +5 en septembre et avec la réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en décembre.
En France, la coalition française (dont la CFDT est membre) souligne la Journée internationale du bandeau blanc, le 1er juillet 2005, et appel à une grande mobilisation sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
Dans une vidéo publicitaire-choc lancé, le 31 mars dernier, l'auteure-compositeure-interprète Sarah McLachlan et d'autres célébrités internationales réclament des mesures concrètes pour régler le problème de la pauvreté dans le monde.
Un enfant décède toutes les trois secondes à cause de sa pauvreté extrême. Plus de 10 millions d'enfants meurent chaque année de faim et de maladies qu'on pourrait guérir.
La publicité vidéo met en vedette Sarah McLachlan accompagnée de plusieurs autres personnalités célèbres, dont Bono, Brad Pitt, Cameron Diaz, Jamie Foxx, Emma Thompson, Tom Hanks, Penelope Cruz, Liam Neeson et Bob Geldof.
Toutes les trois secondes, la publicité est interrompue par un claquement de doigts qui signale la mort d'un enfant, victime de la misère absolue. Chaque jour, la pauvreté tue 50 000 personnes dans le monde, dont 30 000 enfants.
Selon Gerry Barr, président-directeur général du Conseil canadien pour la coopération internationale, une des têtes dirigeantes au Canada de la campagne Abolissons la pauvreté, des millions de personnes verront cette « pub-clic » au cours des prochains mois et voudront adhérer à la campagne : « Notre responsabilité envers le reste de la planète n'est pas uniquement l'affaire des organismes de bienfaisance », explique-t-il. « C'est une question d'égalité et de justice. La diversité des personnes qui sont disposées à prêter leur voix à cette campagne montre bien que tout le monde a la responsabilité d'agir. »
Avec leur mobilisation sans précédent de ce printemps, les étudiantes et les étudiants des cégeps et des universités semblent avoir donné le coup d'envoi d'une escalade de moyens de pression et de grèves dans les secteurs publics au Québec.
En effet, face à la lenteur des négociations dans les secteurs publics et malgré un démenti de la part des négociateurs patronaux, le personnel du réseau de l'éducation a été le premier à initier, dans les dernières semaines, une série de moyens de pression. Les écoles primaires et secondaires, ainsi que les institutions collégiales, sont actuellement perturbées par une alternance de grèves sporadiques et rotatives de la part des enseignants, du personnel de soutien et du personnel professionnel. Les diverses actions des syndicats pourraient conduire à la grève générale, possiblement à l'automne, si les négociations ne connaissent pas de déblocage significatif d'ici là.
Rappelons que l'ensemble des syndicats des secteurs publics du Québec est présentement en processus de négociation de nouvelles conventions collectives qui sont échues depuis bientôt deux ans. Devant l'impasse des négociations, deux grands fronts communs se sont mis en place, soient ; le secrétariat intersyndical regroupant la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), et le front commun composé de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ).
Ces deux fronts ne sont toutefois pas hermétiques à la mise en commun des actions comme le démontre la grève de 24 heures du 25 avril 2005 suivie par l'ensemble des organisations syndicales présentes dans le secteur de l'enseignement collégial (FNEEQ-CSN, FAC, FEC-CSQ).
De leur côté, les professionnelles et les professionnels de la fonction publique, représentés par le SPGQ, ont déjà effectué deux demi-journées de grève. La prochaine demi-journée de grève est prévue pour le 5 mai.
Le SFPQ, qui représente les fonctionnaires et les ouvriers de l'État, effectue actuellement une tournée d'assemblées générales à travers la province pour obtenir un mandat de grève de 48 heures.
Le front commun CSN, FTQ a, pour sa part, lancé sa campagne d'actions par une journée de mobilisation le 26 avril dernier. Dans plusieurs régions du Québec, des milliers de tracts ont été distribués à la population. De nombreux groupes de travailleuses et de travailleurs ont organisé des manifestations à différents moments de la journée.
Les fédérations affiliés à la CSN ont aussi lancé une campagne sous le thème Les services publics J'y travaille !
Par ailleurs, les négociations du secteur de la santé sont systématiquement paralysées par l'application de la loi 30. Cette loi, adoptée en décembre 2003 et contestée par les organisations syndicales, recompose les unités d’accréditation dans les établissements du réseau de la santé et des services sociaux. Cette recomposition, qui force la fusion des accréditations syndicales dans la plupart des établissements, se fait par le biais d'une laborieux processus de votes d'allégeance. Cette campagne, qui se terminera à l'automne 2005, reconfigurera le portrait syndical du secteur de la santé et des services sociaux.
Le 14 avril dernier, la CSN et la FTQ ont demandé une révision judiciaire de la décision rendue par la Commission des relations du travail, le 23 mars 2005, concernant la validité constitutionnelle de la loi 30. La CSN et la FTQ avaient déjà entrepris des contestations de la constitutionnalité de la loi 30 en Cour supérieure, estimant que cette loi, qui force la fusion des accréditations syndicales dans le réseau de la santé et des services sociaux, selon une configuration imposée par le gouvernement de Jean Charest, brime le droit d'association garanti par les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés.
Concernant les négociations des demandes salariales, la présidente du Conseil du trésor a soumis une proposition globale de 12,6 % sur six ans, qui inclue le règlement du dossier de l’équité salariale. Cette proposition prévoit des augmentations de salaire de l’ordre de 2 % pour chacune des années 2006, 2007 et 2008, les augmentations de salaire pour 2004, 2005 et 2009 reste à déterminer. Pour leur part, les syndicats demandent des augmentations salariales de 12,5 % sur trois ans et ont prévenu la présidente du Conseil du trésor qu’il n’est absolument pas question de lier ce dossier à celui de l’équité salariale.
En plus, des questions salariales, les partenariats public-privé (PPP), la privatisation des services publics, la charge de travail et la précarité des emplois sont au coeur des préoccupations les organisations syndicales dans le cadre de cette négocation.
Pour avoir tous les hyperliens, pour suivre les négociations et les actions syndicales au jour le jour, consultez notre page spéciale >>>
Une Journée d'Action Européenne pour dénoncer le comportement de Quebecor a été organisée par Uni-Europa Graphical (UNI-EG), le 16 mars dernier, dans différents pays dont la Belgique, la Finlande, la France et l'Espagne. Pour des raisons juridiques, les salariés du Royaume-Uni ont exprimé leur mécontentement les 19 et 20 mars.
Cette journée d'action faisait suite au refus de la mulitnationale Quebecor d'accéder à une demande légitime de convocation du Comité d'entreprise européen (CEE) pour discuter des pertes d'emploi au Royaume-Uni et en Suède. En décembre 2004, le groupe Quebecor World avait annoncé la perte de plus de 350 emplois à Corby (Royaume-Uni) au cours du premier trimestre 2005. En Suède, plus de 200 travailleurs ont perdu leur emploi à la fin de l'année 2004 lorsque la société a fermé son usine de Stockholm. Toujours en décembre 2004, Uni-Europa Graphical a publié une lettre de soutien à ses organisations demandant à la direction de Quebecor d'organiser une réunion extraordinaire du Comité d'Entreprise Européen (CEE). Cette demande était basée sur plusieurs problèmes constatés en Europe, dont le licenciement de centaines de salariés en Suède et au Royaume-Uni, le transfert de machines vers d'autres pays ainsi que sur des incertitudes économiques dues à des pertes de contrats et aux activités des entreprises concurrentes.
La demande d'UNI-EG n'a pas été satisfaite. Celle-ci déplore que les dirigeants du groupe aient une vision restrictive du rôle du CEE qui ne correspond ni aux préoccupations légitimes des salariés sur la situation actuelle ni à l'intérêt économique et financier futur de l'entreprise. Pour UNI-Europa Graphical, le droit des salariés à l'information et à la consultation au niveau européen a été bafoué.
Ces actions ont été menées de différentes manières, au regard de la culture syndicale de chacun et selon les spécificités de chaque pays. Dans plusieurs pays, des grèves de plusieurs heures ont eu lieu ; dans d'autres des assemblées générales de travailleurs ont été organisées ; enfin, des rencontres avec les directions locales étaient prévues.
Le 16 mars était également une journée importante pour les membres d'UNI des États-Unis, du Canada et de certains pays d'Amérique Latine qui ont mené une Journée Mondiale de Solidarité pour démontrer leur unité et leur soutien à la campagne Justice@Quebecor. Cette campagne a pour objectif de faire pression sur Quebecor pour que la société signe un accord mondial sur les droits des travailleurs et pour soutenir leurs camarades du syndicat GCIU (Graphic Communications International Union – États-Unis) pour qu'ils obtiennent le droit de s'organiser et de représenter les travailleurs des usines de Quebecor dans un certain nombre d'états américains dont le Mississippi, le Kentucky, le Tennessee, et Nevada.
Le groupe Quebecor World emploi 39 000 personnes dans 160 usines réparties dans 17 pays.
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