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Bonne année 2005
Les syndicats se mobilisent pour les victimes du tsunami
Assassinat de Hadi Saleh, de la Confédération irakienne des syndicats
Les grandes organisations syndicales internationales se rapprochent
Les travailleurs québécois sous l'oeil des caméras de surveillance
Nouvelles publications
À l'agenda
 

La chronique
Le Site du monde du travail

Vol. 8, no 1,
12 janvier 2005

Le cybermagazine des travailleurs et des travailleuses vous propose une revue hebdomadaire des actualités nationales et internationales du monde du travail et du syndicalisme.
 

Rédaction et production
Signature Monique Fréchette


cubeBonne année 2005

Tout d'abord, je tiens à souhaiter une très bonne année 2005 à nos lecteurs et lectrices. Même si cette année 2005 s'ouvre sur le tableau surréaliste et dévasté d'un désastre naturel et sur l'assassinat de leaders syndicaux, la solidarité syndicale mondiale qui a fortement émergée du mouvement syndical l'an dernier est un gage d'espoir pour toutes et tous. Cette volonté de mise en commun, bien au-delà de l'idéalisme, des visions et des moyens d'action du mouvement syndical mondial indique que nous assisterons probablement en 2005 à une lutte constante sur tous les fronts pour défendre et, surtout, faire des gains importants pour les travailleuses et les travailleurs les plus démunis de ce monde. C'est, du moins, ce qu'il nous est permis d'espérer.




cubeLes syndicats se mobilisent pour les victimes du tsunami

Le tsunami qui a frappé le continent asiatique a fortement retenu l'attention en ce début d'année 2005. La dévastation qui laisse derrière elle des millions de personnes dans le deuil, sans abri et sans ressource émeut la planète entière. À l'instar de tant d'autres, les organisations syndicales de partout dans le monde se sont mobilisées pour venir en aide aux sinistrés. Les syndicats canadiens n'ont pas manqué à l'appel. En plus de nombreux dons aux organismes d'aide, ils ont lancé des appels à la générosité de leurs membres.

Le site LabourStart a mis en ligne une section spéciale qui regroupe de nombreuses informations provenant des organismes syndicaux de partout dans le monde.



Voici quelques organismes auprès desquels vous pouvez effectué un don :


Photo de la Confédération irakienne des syndicats IFTU

cubeAssassinat de Hadi Saleh, secrétaire aux relations internationales de la Confédération irakienne des syndicats (IFTU)

Triste début d'année pour les syndicalistes irakiens qui pleurent l'un de leur leader syndical. C'est la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), le 6 janvier dernier, qui a fait l'annonce de la triste nouvelle et a fait part de sa plus profonde indignation face au décès d’Hadi Saleh 1, secrétaire international de la Fédération irakienne des syndicats (IFTU), torturé et assassiné à son domicile à Bagdad, dans la nuit du mardi 4 janvier.

Selon la CISL, Hadi Saleh, éminent syndicaliste irakien était retourné en Irak de l’exil au début de la guerre pour participer à la construction d’un mouvement syndical démocratique. Il a été tué par des assassins entrés par effraction dans son domicile mardi dans la nuit. D’après un rapport publié par l’IFTU, les assassins auraient grièvement torturé Saleh avant de le mettre à mort.

Saleh, 58 ans, avait passé cinq années en prison sous Saddam Hussein après avoir été condamné à mort en 1969 pour avoir mené des activités syndicales indépendantes. Après avoir vu sa sentence commuée, il a fui l’Irak et s’est installé en Suède, d’où il a poursuivi la lutte pour les droits syndicaux en Irak. De retour dans son pays natal au début de la guerre, en 2003, il est devenu membre fondateur de l’IFTU, fédération syndicale représentant plus de 200 000 membres

Le courage et l’engagement personnel de Saleh à l’établissement d’un mouvement syndical légitime en Irak a fait une forte impression auprès des syndicalistes internationaux devant lesquels il avait pris la parole à l’occasion du Dix-huitième Congrès mondial de la CISL, à Miyazaki au Japon, en décembre 2004. Dans une interview pour la CISL, il a reconnu qu’il y avait « des risques à participer au syndicalisme ». « Le contexte de la guerre implique de graves dangers », a-t-il ajouté, tout en minimisant l’importance des risques pour sa sécurité personnelle.

En réalité, précise la CISL, les syndicalistes et les travailleurs irakiens ont payé un lourd tribut au terrorisme au cours des trois derniers mois. Plusieurs personnes ont été kidnappées et assassinées dans l’exercice de leurs fonctions syndicales, ou même simplement au travail. Les corps mutilés de quatre cheminots assassinés ont été retrouvés le 3 novembre. Deux conducteurs des chemins de fer ont été enlevés le 25 décembre et cinq autres travailleurs ont été passés à tabac. Le bâtiment des Travailleurs du transport et des communications, dans le centre de Bagdad, a fait la cible d’une attaque au mortier le 26 décembre.

Comme le mentionne le rapport 2004 de la CISL sur la violation des droits syndicaux, aucun syndicat indépendant n'était toléré en Irak sous Saddam Hussein. La Fédération générale des syndicats (GFTU) était l'unique organisation syndicale du pays. Cette organisation entretenait des liens étroits avec l'ancien parti Ba'ath au pouvoir et faisait office d'organe de propagande du parti parmi les travailleurs. En réalité, les seuls syndicats autorisés servaient d'instruments de répression contre les travailleurs.

Les signes avant-coureurs d'un changement ne se sont, toutefois, pas fait attendre au lendemain de la chute de Saddam Hussein. En dépit de l'interdiction imposée à l'activité syndicale, pas moins de 12 syndicats nationaux démocratiques ont été établis en moins de six mois. Bon nombre de syndicalistes irakiens exilés sont revenus au pays. Au mois de mai, le Mouvement syndical démocratique des travailleurs (WDTUM), organisation qui a vécu dans la clandestinité depuis sa création en 1980, a lancé un appel au ralliement des syndicalistes dans le cadre de discussions sur l'établissement d'un Comité préparatoire national. Ce comité aurait pour attribution de jeter les bases d'un mouvement syndical libre.

Des élections démocratiques ont ensuite été organisées sur les lieux de travail pour la première fois en 35 ans pour élire les représentants syndicaux. La Fédération irakienne des syndicats (IFTU) a été établie pour faire contrepoids à la Fédération générale des syndicats (GFTU), qui tentait de se dissocier de son allégeance passée avec le parti Ba'athiste. À la fin de l'année, les rapports signalaient que l'IFTU comptait à son actif 200 000 membres, plus de 400 comités de travailleurs et 3 500 militants.

Pour savoir plus, consultez notre dossier « Les syndicats et la guerre en Irak »

1. Le nom de « Saleh » est orthographié « Salih » sur le site Web de la CISL. Le site Web de l'IFTU emploi pour sa part l'orthographe « Saleh ».


cubeLes grandes organisations syndicales internationales se rapprochent

Comme dirait Daniel Pennac, il y a eu du secouage de paluches entre les représentants de la CMT et ceux de la CISL. En effet, la Confédération mondiale du travail (CMT), qui avait déjà annoncé son intérêt de fusionner avec la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), a fait sa grande demande lors du congrès mondial de cette dernière en décembre 2004.

Après un débat constructif la proposition de la CMT a été accueillie favorablement par les délégués de la CISL qui ont adopté une résolution qui engage la CISL vers la création d’une nouvelle confédération syndicale internationale. Une représentation plus efficace des travailleurs et des travailleuses, la force dans l’unité et la mise en commun des ressources sont quelques-uns des arguments avancés en faveur de l’unification. La proposition d’unification ne concerne pas que la CISL et la CMT : le but est aussi d’inclure comme cofondatrices des centrales syndicales indépendantes et démocratiques qui n’ont pour le moment aucune affiliation. L’étape ultérieure et finale devrait être le congrès de la CMT en octobre 2005, suivi si tout se passe comme prévu de la création d’une nouvelle organisation en 2006.

À suivre...



cubeLes travailleuses et les travailleurs canadiens sous l'oeil des caméras de surveillance

Des caméras de surveillance comme s'il en pleuvait! Voilà un fait étonnant qui a marqué les actualités syndicales québécoise et canadienne de cette fin d'année 2004. L'indignation des représentants syndicaux n'a pas manqué suite à la découverte de caméras de surveillance dissimulés sur divers lieux de travail. « Trouver Charlie » est démodé, le nouveau jeu à la mode est « Trouver la caméra cachée! »

Voici une liste de divers cas de caméras cachés sur les lieux de travail qui ont fait l'objet de l'attention syndicale depuis moins d'un mois:

  • Découverte d'une caméra cachée à l'établissement Leclerc, un pénitencier fédéral à sécurité moyenne à Laval. Selon M. Pierre Dumont, président régional d'UCCO-SACC-CSN, « cette caméra a été installée de façon illégale et nous avons déposé une plainte auprès de la Commissaire à la vie privée, Mme Jennifer Stoddart. » Monsieur Dumont ajoute « Ce cas est encore plus troublant parce qu'il est suivi d'un incident à l'établissement William Head, un pénitencier à sécurité minimum près de Victoria en Colombie-Britannique. Deux gestionnaires de cet établissement feront face à des accusations criminelles dans un procès d'écoute électronique illégale débutant le mois prochain à Vancouver. »
  • Des caméras de surveillance dissimulées par le Canadien National CN ont été trouvés dans des ateliers de réparation de Winnipeg. Une caméra de surveillance a été découverte dans un conduit d'aération. Le syndicat des TCA a déposé un grief ainsi qu'une plainte officielle devant la Commissaire à la protection de la vie privée du Canada pour accuser le CN d'espionnage à l'endroit des travailleurs de l'atelier des roues, en violation d'une législation fédérale, et demander des dommages- intérêts exemplaires pour perte de dignité et atteinte à la vie privée. Ces causes seront entendues au cours des prochains mois.
  • Découverte par les cols bleus de cinq caméras cachées dans le garage et dans la cafétéria à Boisbriand. L’administration municipale a admis avoir posé les caméras il y a un an et demi, et a indiqué au syndicat qu’il y a en avait déjà eu dans la caserne des pompiers. Même si aucun acte répréhensible n’a été enregistré et qu’il n’y a rien à reprocher aux syndiqués, la Ville a tout de même assuré au syndicat qu’aucune des images captées ne seront utilisées contre les employés. Le syndicat (SCFP 4238) demande à la Ville des engagements clairs pour que de telles pratiques ne se reproduisent plus.
  • À l’Hôpital chinois de Montréal, les conversations des patients et celles des employés peuvent être écoutées, à leur insu, par la direction de l’institution. « C’est du jamais vu ! », s’indigne Marc Ranger, conseiller syndical auprès du syndicat des employés de l’hôpital, affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ). Le SCFP a contesté l’installation de ces caméras et micros de façon à capter les conversations des personnes se trouvant près ou dans les aires communes de repos (salons) des unités de soins. Pour Marc Ranger, il s’agit d’une atteinte grave au droit à la vie privée. Il précise qu’une ordonnance de sauvegarde a été déposée pour que cette surveillance électronique cesse immédiatement. Des montants de 1000 $ par jour et par personne lésée ont été demandés à titre de dommages exemplaires.
  • Une décision est rendue en faveur du syndicat par le Tribunal d'arbitrage dans la cause des caméras de surveillance chez Papiers couchés d’Atlantic ltée de Windsor en Estrie. Malgré cela l'employeur demeure réfractaire à retirer les caméras. Ce dossier, dont Benoît Aubry nous fait l'historique dans le numéro de décembre 2004 du magazine Perspectives CSN, remonte à 2003 et a de quoi faire dresser les cheveux sur la tête tant la surveillance est sophistiquée et abusive. À lire absolument!
  • Pour savoir plus, consultez notre dossier « Surveillance électronique des travailleurs »





    cubeNouvelles publications

    bouton Si vous êtes travailleur ou travailleuse autonome ou télétravailleur au Québec ou ailleurs dans le monde, vous êtes invité à participez à l'enquête en ligne dans le cadre d'une étude d’envergure sur la conciliation emploi-famille et les nouvelles formes de travail. Cette étude est sous la direction de Mme Diane-Gabrielle Tremblay, professeure et directrice de la recherche à la Télé-université du Québec.

    boutonLe très connu et réputé magazine français Alternatives économiques vient de publier sur le Web une analyse intitulée « Pourquoi il faut augmenter les salaires ». En sous-titre, on peut lire « Des salaires en manque de régulation - L’absence d’institutions permettant la négociation collective des salaires aggrave la situation macro-économique de la France. »

    boutonDans le cadre de sa série de dossiers « Économie », Force ouvrière (FO) a mis en ligne un document très intéressant intitulé « Relever le défi industriel ». En plus de faire l'historique et l'état des lieux du développement industriel en France, cette série de feuillets présente la réflexion et les positions de FO quant à l'avenir du secteur industriel en France.

    boutonPour son dernier numéro de l'année, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) - région Québec - nous offre une revue de l'année 2004 dans son bulletin d'information SCFP En Bref.

    boutonLa Confédération des syndicats nationaux (CSN) a mis en ligne son excellent magazine « Perspectives CSN » de décembre 2004. Outre de nombreux sujets d'actualité, le magazine de décembre présente un dossier sur la mondialisation et le développement d'un réseau mondial de solidarité syndicale.

    boutonL'Organisation internationale du travail (OIT) fête son 85e anniversaire, pour l'occasion le numéro de novembre 2004 du magazine Travail met l'accent sur les réalisations et les perspectives à long terme de cet organisme dont le parcours traverse l'histoire mondiale du travail et des travailleurs.

    boutonL'envers des marques est le titre d'un nouveau rapport de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL). Où ? Quand ? Pourquoi ? Comment ? Ce rapport répond aux questions clés sur les zones franches d'exportation de par le monde et analyse, d'un point de vue syndical, ce phénomène qui s'inscrit au coeur de l'emballement de la mondialisation économique.

    Pour savoir plus, consultez notre dossier « Les nouvelles publications dans le monde du travail »



    cubeÀ l'agenda

    bouton Le 2e Forum alternatif mondial de l’eau qui se tiendra à Genève (Suisse) du 17 au 20 mars 2005 a pour objectif de développer et de promouvoir des institutions et des politiques publiques qui permettent enfin un accès de tous les êtres humains à l’eau potable et une gestion démocratique, solidaire et durable de l’eau.

    bouton Le Forum social mondial (FSM) aura lieu du 26 au 31 janvier 2005 à Porto Alegre au Brésil. Comme par les années passées, les organisations syndicales y seront représentées. On sait déjà que la FIOM et ses affiliés brésiliens, CNM-CUT et CNTM/Força Sindical, organiseront samedi 29 janvier 2005 une manifestation pour réclamer des emplois décents.

    De plus, à l'occasion du FSM, les organisations syndicales CISL, CMT, CES, ORIT et CLAT organiseront préalablement, et pour la 4ème fois, une rencontre unitaire à l'intention des travailleurs et promouvront, en outre, d'autres activités dans le cadre du programme du 5ème FSM. Cette édition du Forum syndical portera sur « Le futur du mouvement syndical international » et se tiendra les 25 (après-midi) et 26 (matin) janvier. A l'instar des éditions antérieures, le Forum syndical invite tous les syndicalistes présents au FSM.

    bouton Du 28 au 30 janvier 2005 se tiendra la conférence de la santé, de la sécurité et de l'environnement du Congrès du travail du Canada (CTC) à l'Hôtel Marriott à Ottawa.


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