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Vol. 8, no 1,
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Le tsunami qui a frappé le continent asiatique a fortement retenu l'attention en ce début d'année 2005. La dévastation qui laisse derrière elle des millions de personnes dans le deuil, sans abri et sans ressource émeut la planète entière. À l'instar de tant d'autres, les organisations syndicales de partout dans le monde se sont mobilisées pour venir en aide aux sinistrés. Les syndicats canadiens n'ont pas manqué à l'appel. En plus de nombreux dons aux organismes d'aide, ils ont lancé des appels à la générosité de leurs membres. Le site LabourStart a mis en ligne une section spéciale qui regroupe de nombreuses informations provenant des organismes syndicaux de partout dans le monde. |
Voici quelques organismes auprès desquels vous pouvez effectué un don : |
Triste début d'année pour les syndicalistes irakiens qui pleurent l'un de leur leader syndical. C'est la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), le 6 janvier dernier, qui a fait l'annonce de la triste nouvelle et a fait part de sa plus profonde indignation face au décès d’Hadi Saleh 1, secrétaire international de la Fédération irakienne des syndicats (IFTU), torturé et assassiné à son domicile à Bagdad, dans la nuit du mardi 4 janvier.
Selon la CISL, Hadi Saleh, éminent syndicaliste irakien était retourné en Irak de l’exil au début de la guerre pour participer à la construction d’un mouvement syndical démocratique. Il a été tué par des assassins entrés par effraction dans son domicile mardi dans la nuit. D’après un rapport publié par l’IFTU, les assassins auraient grièvement torturé Saleh avant de le mettre à mort.
Saleh, 58 ans, avait passé cinq années en prison sous Saddam Hussein après avoir été condamné à mort en 1969 pour avoir mené des activités syndicales indépendantes. Après avoir vu sa sentence commuée, il a fui l’Irak et s’est installé en Suède, d’où il a poursuivi la lutte pour les droits syndicaux en Irak. De retour dans son pays natal au début de la guerre, en 2003, il est devenu membre fondateur de l’IFTU, fédération syndicale représentant plus de 200 000 membres
Le courage et l’engagement personnel de Saleh à l’établissement d’un mouvement syndical légitime en Irak a fait une forte impression auprès des syndicalistes internationaux devant lesquels il avait pris la parole à l’occasion du Dix-huitième Congrès mondial de la CISL, à Miyazaki au Japon, en décembre 2004. Dans une interview pour la CISL, il a reconnu qu’il y avait « des risques à participer au syndicalisme ». « Le contexte de la guerre implique de graves dangers », a-t-il ajouté, tout en minimisant l’importance des risques pour sa sécurité personnelle.
En réalité, précise la CISL, les syndicalistes et les travailleurs irakiens ont payé un lourd tribut au terrorisme au cours des trois derniers mois. Plusieurs personnes ont été kidnappées et assassinées dans l’exercice de leurs fonctions syndicales, ou même simplement au travail. Les corps mutilés de quatre cheminots assassinés ont été retrouvés le 3 novembre. Deux conducteurs des chemins de fer ont été enlevés le 25 décembre et cinq autres travailleurs ont été passés à tabac. Le bâtiment des Travailleurs du transport et des communications, dans le centre de Bagdad, a fait la cible d’une attaque au mortier le 26 décembre.
Comme le mentionne le rapport 2004 de la CISL sur la violation des droits syndicaux, aucun syndicat indépendant n'était toléré en Irak sous Saddam Hussein. La Fédération générale des syndicats (GFTU) était l'unique organisation syndicale du pays. Cette organisation entretenait des liens étroits avec l'ancien parti Ba'ath au pouvoir et faisait office d'organe de propagande du parti parmi les travailleurs. En réalité, les seuls syndicats autorisés servaient d'instruments de répression contre les travailleurs.
Les signes avant-coureurs d'un changement ne se sont, toutefois, pas fait attendre au lendemain de la chute de Saddam Hussein. En dépit de l'interdiction imposée à l'activité syndicale, pas moins de 12 syndicats nationaux démocratiques ont été établis en moins de six mois. Bon nombre de syndicalistes irakiens exilés sont revenus au pays. Au mois de mai, le Mouvement syndical démocratique des travailleurs (WDTUM), organisation qui a vécu dans la clandestinité depuis sa création en 1980, a lancé un appel au ralliement des syndicalistes dans le cadre de discussions sur l'établissement d'un Comité préparatoire national. Ce comité aurait pour attribution de jeter les bases d'un mouvement syndical libre.
Des élections démocratiques ont ensuite été organisées sur les lieux de travail pour la première fois en 35 ans pour élire les représentants syndicaux. La Fédération irakienne des syndicats (IFTU) a été établie pour faire contrepoids à la Fédération générale des syndicats (GFTU), qui tentait de se dissocier de son allégeance passée avec le parti Ba'athiste. À la fin de l'année, les rapports signalaient que l'IFTU comptait à son actif 200 000 membres, plus de 400 comités de travailleurs et 3 500 militants.
Pour savoir plus, consultez notre dossier « Les syndicats et la guerre en Irak »
1. Le nom de « Saleh » est orthographié « Salih » sur le site Web de la CISL. Le site Web de l'IFTU emploi pour sa part l'orthographe « Saleh ».
Comme dirait Daniel Pennac, il y a eu du secouage de paluches entre les représentants de la CMT et ceux de la CISL. En effet, la Confédération mondiale du travail (CMT), qui avait déjà annoncé son intérêt de fusionner avec la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), a fait sa grande demande lors du congrès mondial de cette dernière en décembre 2004.
Après un débat constructif la proposition de la CMT a été accueillie favorablement par les délégués de la CISL qui ont adopté une résolution qui engage la CISL vers la création d’une nouvelle confédération syndicale internationale. Une représentation plus efficace des travailleurs et des travailleuses, la force dans l’unité et la mise en commun des ressources sont quelques-uns des arguments avancés en faveur de l’unification. La proposition d’unification ne concerne pas que la CISL et la CMT : le but est aussi d’inclure comme cofondatrices des centrales syndicales indépendantes et démocratiques qui n’ont pour le moment aucune affiliation. L’étape ultérieure et finale devrait être le congrès de la CMT en octobre 2005, suivi si tout se passe comme prévu de la création d’une nouvelle organisation en 2006.
À suivre...
Des caméras de surveillance comme s'il en pleuvait! Voilà un fait étonnant qui a marqué les actualités syndicales québécoise et canadienne de cette fin d'année 2004. L'indignation des représentants syndicaux n'a pas manqué suite à la découverte de caméras de surveillance dissimulés sur divers lieux de travail. « Trouver Charlie » est démodé, le nouveau jeu à la mode est « Trouver la caméra cachée! »
Voici une liste de divers cas de caméras cachés sur les lieux de travail qui ont fait l'objet de l'attention syndicale depuis moins d'un mois:
Pour savoir plus, consultez notre dossier « Surveillance électronique des travailleurs »
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