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Le sommaireLES NATIONALES- Réforme municipale : Les salariés inquiets - Un clic pour l'AJIQ - [Ils ont changé d'URL] L'INTERNATIONALE - Mobilisation pour une justice globale - La CISL en congrès : Mondialisation en tête! - Californie : Discrimination salariale basée sur la langue LES LECTURES - Ouvrage sur la qualité du travail De choses et d'autres... - Conclusion des négociations dans le secteur public - Star Up, les bons conseils - Le Magazine Eiro Observer de mars 2000 - Le Monde diplomatique d'avril 2000 - Le plus récent Nouvelles CEQ - L’État du Maine bat les records LES P'TITES VITES - Les brèves |
La Chronique de l'Itinérant électronique Le Cybermagazine des travailleurs Vol. 3, no 13, le 6 avril 2000 Vous êtes présentement dans une chronique archivée, cliquez ici pour vous rendre à la chronique la plus récente. Le cybermagazine des travailleurs et des travailleuses vous propose une revue hebdomadaire des actualités nationales et internationales du monde du travail et du syndicalisme. Rédaction et production
Monique Fréchette |
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Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) qualifie
de "déclaration de guerre" le projet de la ministre des Affaires municipales
Louise Harel d'apporter des modifications au Code du travail pour favoriser les regroupements municipaux.
"La ministre veut un beau conflit et elle l'aura. Elle crée toutes les conditions pour en arriver là", a déclaré le président du SCFP-Québec, Claude
Généreux après avoir pris connaissance d'un article publié samedi à la une du quotidien de The Gazette faisant état des démarches de Mme Harel.
Ces modifications, dont on ne connaît pas la teneur, mais qui seront proposées sous peu aux syndicats et aux élus municipaux, surviennent alors
que la ministre de l'Emploi, Diane Lemieux, prépare une refonte du Code du travail. Les deux ministres se concertent sur les sections du Code touchant le monde municipal.
Prononçant samedi matin le discours d'ouverture à un colloque portant sur le regroupement de cinq municipalités de la Rive-Sud tenu à Saint-Jean-sur-Richelieu,
la ministre en aurait appelé à l'ouverture des syndicats. "Il faut aménager un dispositif qui favorise le règlement des différentes
conventions collectives qui peuvent se superposer", a-t-elle déclaré.
Un des principaux obstacles à la fusion des services ou des municipalités est l'harmonisation de ces conventions collectives, différentes d'une
municipalité à l'autre. Les élus craignent que les meilleures conventions soient appliquées, ce qui se traduirait par des coûts additionnels.
Claude Généreux estime que les propos de Mme Harel constituent "un bonbon afin d'inciter les municipalités à fusionner". Le SCFP, qui représente 80 pour cent des quelque 35 000 employés cols bleus
et cols blancs du monde municipal, craint également que ces propositions ouvrent la voie à du maraudage et reconfigurent l'appartenance syndicale.
De telles tentatives de maraudage dans le cadre de fusions ont déjà eu lieu par le passé, notamment dans le milieu hospitalier, observe M. Généreux.
Il ne veut surtout pas que la fusion de municipalités aboutisse à une guerre entre syndicats afin de représenter les travailleurs regroupés sous un seul employeur.
Les craintes de M. Généreux s'ajoutent à celles des travailleurs quant à un assouplissement de l'article 45 du Code du travail, ouvrant la voie à la
sous-traitance. Là-dessus, la ministre Harel a indiqué que sa démarche était "parallèle à la grande réforme du Code du travail" et qu'il ne fallait pas mêler les deux.
"Ce dont je parle, c'est une façon de faire qui, dans le cadre des lois municipales, favorise des solutions pour inciter au regroupement de services et de municipalités", a-t-elle réitéré.
L'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ), affiliée à
la Fédération nationale des communications de la CSN, est en lutte contre
les éditeurs du Québec pour faire reconnaître les droits d'auteur des
journalistes pigistes. Ces derniers, faut-il le rappeler, ne sont pas
salariés au sens du Code du travail, donc ils ne sont pas syndiqués. Ce qui
ne les empêche pas de construire graduellement leur solidarité autour
d'actions collectives.
Depuis 1996, l'AJIQ mène une campagne pour protéger les droits d'auteurs de ses membres.
Le 21 juin 1999, l'AJIQ a intenté un recours collectif à la Cour supérieure du
district de Montréal, au montant de trente millions de dollars,
contre quatorze quotidiens et périodiques québécois, ainsi que contre l'éditeur de cédéroms CEDROM-SNI,
Depuis le début des années 90, ces journaux et magazines vendent les textes des journalistes pigistes, sans leur autorisation, à
CEDROM-SNI, qui les reproduit et les vend à son tour sur support électronique, c'est-à-dire sur son
cédérom Actualité Québec et dans une base de données accessible sur le site web Eureka.
L'AJIQ a répertorié 15 000 de ces articles vendus à CEDROM-SNI sans l'autorisation des journalistes
pigistes, et sans qu'ils ne touchent de redevances pour ces reproductions, ce qui contrevient à la Loi
canadienne sur le droit d'auteur.
En février dernier, l'AJIQ dénonçait une campagne d'intimidation auprès des journalistes pigistes.
Une dizaine d'entreprises de presse québécoises soumettaient alors à leurs collaborateurs une entente par
laquelle elles s'appropriaient tous leurs droits d'auteur, mondiaux et à vie, sans leur verser un cent de plus pour leurs articles.
Selon les déclarations de l'AJIQ, sous des menaces à peine voilées, ces éditeurs
de journaux et de magazines auraient fait comprendre à leurs collaborateurs que, s'ils ne cédaient pas leurs droits en totalité, ils se passeraient de leur service.
Le 27 mars, au Sommet de la pige, 108 pigistes et 5 étudiants en journalisme ont adopté à l'unanimité
deux pétitions pour la reconnaissance du droit d'auteur des journalistes pigistes. L'AJIQ s'est engagée à rendre ces pétitions publiques à la condition d'obtenir
au minimum 150 signatures pour la première pétition ainsi qu'une représentation significative des pigistes de chaque médias québécois.
Dans une première étape, l'AJIQ fait donc signer deux pétitions,qui seront rendues publiques le 3 mai, Journée internationale de la liberté
de presse: Une première pétition parmi les journalistes pigistes, qui
servira, selon ses initiateurs, à clouer le bec aux procureurs des éditeurs qui prétendent que ceux-ci n'appuient pas l'AJIQ dans sa requête en recours collectif contre eux.
Aussi, une deuxième pétition d'appui parmi le grand public, que
vous êtes invités à signer en ligne. Si vous êtes en mesure de faire signer cette pétition dans votre
milieu de travail, une version en format .PDF est disponible sur la même
page pour téléchargement, impression et affichage.
Essentiellement, le manifeste qui accompagne la pétition déclare que le droit d'auteur appartient à son auteur.
Qu'il est scandaleux et contraire à l'éthique journalistique qu'un éditeur oblige, sous la contrainte, un journaliste à céder ses droits sur ses articles.
Les signataires croient que les nouvelles technologies de l'information, incluant Internet et les cédéroms, sont vouées à prendre une importance
économique accrue dans les années à venir, et croient par conséquent logique que les auteurs puissent obtenir leur part.
Ils sont d'avis que les éditeurs doivent reconnaître concrètement l'apport des pigistes à ces nouvelles technologies. Le partage des revenus générés par l'exploitation des textes doit s'adapter
à l'évolution du marché, et non pas être décidé unilatéralement par les éditeurs, pour les décennies à venir.
Finalement, les signataires appuient l'AJIQ dans les démarches qu'elle a entreprises pour
obtenir des éditeurs le respect des droits d'auteur de tous les pigistes et nous reconnaissons l'AJIQ comme seul interlocuteur valable pour négocier au nom des pigistes québécois.
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Encore une fois, les organisations internationales et locales se mobilisent pour manifester leur volonté de voir naître une mondialisation juste et équitable.
Les 16 et 17 avril, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale se réunissent à Washington DC aux États-Unis.
Une grande manifestation pacifique soutenue par des centaines d'organisations dont les grandes centrales syndicales AFL-CIO et United Steelworkers of America aura lieu le 16 avril prochain à Washington.
Le site "Mondialization for Global Justice" a été mis en place pour coordonner les nombreux activités qui entoureront l'événement.
Fondés en 1944 et logés à Washington, la Banque mondiale et le FMI sont les architectes de l'économie globale.
Les politiques qu'elles imposent aux pays endettés supportent les grandes corporations aux dépens des personnes et de l'environnement.
L'organisation mondiale du commerce (OMC) impose et augmente la puissance que les sociétés ont gagnées au détriment des pays en voie de développement.
Plus récemment la Banque mondiale et le FMI imposent ces règles aux pays riches.
Le 16 avril 2000, les ministres des finances et les banquiers centraux d'environ 25 pays, un véritable conseil d'administration de l'économie globale, viennent à Washington, DC.
D'autre part, des manifestants de partout dans le monde, anti-FMI et anti-Banque mondiale, seront là pour les rencontrer!
Fort de la récente expérience de Seattle, les organisations préparent des caravanes aux États-Unis et au Canada qui permettront aux personnes intéressées de se rendre à Washington.
Au cours du mois d'avril de nombreuses activités d'éducation populaire sont organisées à travers les États-Unis par les organisations de défenses des droits humains pour sensibiliser
les populations à l'importance d'une mondialisation qui tient compte d'une répartition équitable de la richesse et du respect de l'environnement.
Vous pouvez prendre connaissance des diverses activités via le calendrier.
En février 2000, Campaign for Labor Rights (CLR) a mis en ligne, le contenu d'une brochure d'information concernant les enjeux de la mondialisation.
Les auteurs Trim Bissell et Robert Weissman, deux activistes américains très connus du milieu syndical, proposent plusieurs textes brefs exposant les raisons pour lesquelles la Banque mondiale et le FMI sont les acteurs qui dominent l'économie mondiale et maintiennent les pays pauvres sous le pouvoir des grandes corporations.
Vous pouvez vous procurer des exemplaires de la brochure (à prix très très modique) par téléphone ou par e-mail.
Pourquoi manifester?
Depuis deux décennies, le FMI et la Banque mondiale sont les établissements qui, contrôlés par une poignée de pays riches, ont joué un rôle décisif en
déterminant les politiques économiques et sociales des pays pauvres.
Lorsque les pays du sud (et maintenant du nord) ne peuvent pas payer leurs dettes extérieures, la Banque mondiale et
le FMI fournissent le nouveau crédit. Mais elles y joignent des conditions :
Les pays emprunteurs doivent changer leurs politiques pour s'adapter à l'idéologie du FMI et pour rendre leur économie plus attrayante aux investisseurs étrangers.
Les politiques imposées par le FMI et la Banque mondiale, souvent désignées sous le nom "d'ajustement structurel" incluent de réduire les dépenses du gouvernement,
de retirer les impôts sur les exportations et les importations, éliminer les barrières à la propriété et au rapatriement des bénéfices étrangers,
la privatisation des services publics et des taux d'intérêt élevés.
Tous les prêts du FMI, et la majeure partie des prêts de la Banque mondiale, sont attachés à ces politiques
(les autres crédits bancaires sont pour des projets de " développement " tels que des grands barrages hydroélectriques, des routes, des usines de charbon, etc...)
Les ajustements structurels ont anéanti le pouvoir économique de tout le sud de la planète.
Par exemple au Mozambique, les ouvriers transformaient les arachides cultivées dans leur propre pays.
Pour protéger l'industrie de transformation, le gouvernement a mis un impôt sur l'exportation des arachides crues et non-traitées.
Dans le but de retirer les entraves aux échanges commerciaux, la Banque mondiale et le FMI ont exigé que la taxe à l'exportation soit retirée.
En conséquence, le traitement des arachides a dévié vers l'Inde où des enfants travaillant à la maison exécutent le travail.
Au Mozambique, 10 000 adultes (la plupart du temps de femmes) ont perdu leur travail dans les usines.
En Haïti, la Banque mondiale et le FMI ont empêché le gouvernement d'augmenter le salaire
minimum et ont exigé la privatisation des sociétés d'État qui produisaient des revenus essentiels pour des services désespérément nécessaires.
Le FMI a insisté sur le fait qu'Haïti devrait couper les services gouvernementaux de moitié, malgré un
manque national de professeurs et travailleurs de la santé, une espérance de vie de 49 ans
pour les hommes et de 53 ans pour les femmes, l'éducation à 45% et la mortalité infantile frôlant les 10%.
La dette épuise beaucoup de pays africains, latino-américains et asiatiques.
Les montants versés sur les intérêts ne peuvent pas être utilisés pour les cliniques, l'eau propre ou d'autres besoins primaires.
L'an passé, le Tiers Monde a remboursé 250 milliards de dollars alors qu'il ne recevait en aide publique au développement que 32 milliards!
La dette des pays en développement s'élève aujourd'hui à près de 2500 milliards de dollars, 4 fois plus qu'au début des années 80.
Dans un reportage disponible sur le site d'ATTAC, Éric Toussaint, président du Comité pour la dette du Tiers-Monde précise
«Le CADTM propose avec toute une série de mouvements sociaux du Sud, et puis toutes une série de chercheurs,
d'intellectuels, de tirer un trait sur la dette extérieure publique des pays du Tiers-Monde. Elle a été remboursée plusieurs fois, elle
est un mécanisme de transfert de richesses du Sud vers le Nord. Le montant total de cette dette ne représente pas plus de 10 % du montant
total des dettes mondiales. Donc une annulation se justifie du point de vue éthique, du point de vue moral.»
Actuellement, un mouvement mondial appelé le "Jubilé 2000" réclame l'annulation de la dette de pays méridionaux.
En juin 1999 à Cologne, les 7 pays les plus industrialisés au monde annoncent qu'ils vont alléger de plus de 70
milliards de dollars la dette d'une quarantaine de pays pauvres lourdement endettés. 70 milliards, c'est 3 % du total de la dette
extérieure des pays du Sud. Pour les organisateurs de la campagne "Jubilé 2000" l'effort des pays riches est trop modeste.
La Banque mondiale et le FMI ont fait une faible ouverture à cette idée et l'ont accompagné de conditions extrêmement sévères sur les réformes structurelles des pays.
(Voir aussi le document du FMI "Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance", décembre 1999).
D'ailleurs, l’Union Européenne a fait savoir qu'elle ne consentira probablement pas à une suppression générale de la dette africaine.
C’est en tout cas ce qui ressort du rapport final du dernier sommet Afrique-Europe qui s’est tenu au Caire les 3 et 4 avril.
Présentement en congrès à Durham (voir article ci-dessous) la Confédération des syndicats libres (CISL) fait partie des acteurs qui mènent actuellement une campagne pour obtenir l’annulation de la dette, qui est certainement une partie de la solution.
Prenant en exemple le continent africain, Bill Jordan secrétaire général de la CISL, faisait remarqué dans son discours d'inauguration «un transfert massif de ressources vers ce continent est également nécessaire.
Une chose est sûre cependant : qu’il s’agisse de l’annulation de la dette ou de l’aide au développement,
nous ne pouvons accepter l’actuelle approche erratique, la politique du coup par coup.
Un engagement majeur, à long terme et permanent du monde développé est indispensable pour
rembourser et reconstruire un continent exploité pendant plus d’un siècle.»
Bill Jordan ajoute «La CISL fera campagne pour cet engagement mais nous lancerons un avertissement à ceux qui ont été à
la base de tant d’initiatives désastreuses sur ce continent.
Nous leurs dirons que leurs ressources, leurs programmes et même leurs engagements ne fonctionneront
pas tant qu’ils n’y associeront pas les seules personnes qui peuvent reconstruire ce continent ou un autre : les travailleurs et leurs représentants.»
Conjointement avec la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE (CSC) et les Secrétariats professionnels internationaux (SPI), la CISL présentera à la rencontre du 16 et 17 avril son document d'orientation.
Notamment, les organisations syndicales déclarent «qu'en raison du caractère fragile et inégal de la
croissance actuelle, la communauté internationale devrait rester vigilante afin d'empêcher une résurgence
des bouleversements économiques et monétaires qui affectèrent plusieurs pays entre 1997 et 1999. Aucune
action n'a été entreprise à ce jour pour s'attaquer aux problèmes structurels très profonds ayant entraîné la
crise de 1997-99, ce qui rend le risque d'apparition d'une nouvelle crise d'autant plus grand. C'est pourquoi
la présente déclaration plaide avec force pour la mise en oeuvre d'un vaste programme de mesures
permettant de doter l'économie mondiale d'une base stable afin de réaliser une croissance durable sur le
long terme et un développement fondé sur la justice et l'égalité.»
En conclusion, la CISL, la TUAC et les SPI encouragent le FMI et la Banque mondiale à profiter de l'occasion des
rencontres d'avril 2000 pour répondre aux préoccupations des populations du monde entier et
démontrer leur capacité à accomplir de nouveaux progrès significatifs en ce qui concerne l'allégement de
la dette, la réduction de la pauvreté, la prise de conscience à l'égard des questions de justice et
d'égalité entre hommes et femmes, la réglementation des marchés financiers, et le respect des normes du travail fondamentales.
La Confédération internationale des syndicats libres (CISL), première organisation syndicale mondiale, réunie pour son 17ième Congrès à Durban en Afrique du Sud, a réclamé mardi plus de justice sociale dans une
nouvelle démonstration de méfiance face à la mondialisation de l'économie.
La CISL, qui représente 125 millions de travailleurs à travers le monde, a ouvert son Congrès lundi et doit le clôturer vendredi.
Bill Jordan, secrétaire général de la CISL, a inauguré le congrès en ces termes :
«L’histoire incroyable de notre mouvement nous a appris que ce sont nos défis les plus difficiles qui ont abouti à nos plus grands achèvements. Pour nous syndicalistes, le mouvement syndical, le défi du
21e siècle sera d’affirmer notre force politique et industrielle à l’ère de la mondialisation. Notre force organisée doit être utilisée aux mêmes fins que celles qui ont poussé à l’origine les
travailleuses et travailleurs à créer initialement des syndicats, c’est-à-dire la volonté d’ancrer dans la société les valeurs immortelles d’une justice sociale qui soit égale pour tous.»
«Le droit universel aux soins de santé, à l’éducation, à une retraite, à la sécurité sociale, notamment à l’assurance-chômage.
Voilà le filet de sécurité sociale de l’ère de la mondialisation pour lequel notre mouvement doit se battre au 21e siècle.
Son obtention représenterait la contribution la plus importante dans l’effort à faire pour réduire le fossé inacceptable d’inégalité qui sépare le monde développé du monde en développement.»
a précisé le secrétaire général de la grande organisation mondiale.
D'autre part, les 1 200 délégués au 17ème Congrès de la CISL ont applaudi le directeur général du Bureau international du travail (BIT), le chilien Juan Somavia, lorsqu'il a
souhaité que la mondialisation se mette au service des hommes.
«La mondialisation doit s'adapter aux besoins des populations et non l'inverse, a-t-il déclaré, sinon elle ne
pourra pas survivre». «Certains aspects de la mondialisation sont irréversibles, comme ceux liés aux technologies de l'information.
(...) Mais les politiques financières, économiques ou de développement, sont modelées par des décideurs
politiques et peuvent être changées», a ajouté M. Somavia.
Le président du syndicat américain AFL-CIO, John Sweeney, a invité le congrès à poursuivre l'action engagée
à Seattle: "Nous devons faire monter la pression", a-t-il affirmé.
Et il a appelé les syndicats à la cohésion notamment entre ceux des pays industrialisés et ceux des pays en
voie de développement, les exhortant à trouver "un dénominateur commun".
La CISL demande notamment la création d'un groupe de travail entre l'OIT et l'OMC, par lequel les
contrevenants aux normes sociales fondamentales du travail (liberté de se syndiquer, de négocier, abolition du
travail forcé et du travail des enfants, non discrimination à l'emploi) seraient dénoncés devant l'OIT, puis
éventuellement sanctionnés par l'OMC.
Cette position met les syndicats des pays en voie de développement en porte-à-faux par rapport à leurs
gouvernements, notamment au Brésil, en Malaisie, ou aux Philippines, qui accusent les pays industrialisés de
"protectionnisme".
À ces accusations, la CISL répond qu'elle souhaite que les marchés occidentaux s'ouvrent aux exportations des
pays en voie de développement.
En Inde et à Singapour, les syndicats eux-mêmes expriment des réticences sur la clause sociale.
Mercy Ravi (INTUC, Inde) a ainsi demandé à la CISL de faire "attention" quand elle prône des sanctions pour le
non respect des normes du travail, parce que "cela conduit les enfants à trouver du travail dans des conditions
encore plus mauvaises, et certains se prostituent pour survivre".
Des syndicats de pays industrialisés, notamment européens, ont de leur côté invité la CISL à se réformer.
Le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), Emilio Gabaglio, a pointé
"l'inadéquation" de ses structures, les "limites de ses politiques contractuelles", et souhaité qu'elle s'élargisse à
d'autres organisations comme la Confédération mondiale du travail (CMT).
La CGIL (Italie) a souhaité que les secrétariats professionnels rejoignent la CISL, et prôné un "dialogue" avec
les Organisations non gouvernementales. "Il faut que nous puissions négocier au même niveau que les
multinationales", a suggéré Dieter Schulte (DGB, Allemagne).
«Il faut agir tout de suite pour que les jeunes ne soient pas exclus du monde du travail ou du monde syndical.» C’est le message contenu dans un rapport présenté à l’occasion
de l’ouverture du Congrès. « Au cours du Congrès, les jeunes syndicalistes veilleront à ce que le mouvement syndical international
prenne pleinement conscience de la nécessité d’exploiter au mieux l’énergie et l’enthousiasme des jeunes.
Si des millions de jeunes restent en dehors du monde du travail et du mouvement syndical, ils formeront
une génération perdue de travailleurs et ce sera une énergie perdue pour le mouvement syndical », a
déclaré Marieke Koning, la responsable de la jeunesse à la CISL.
Dans un article paru chez Labor Net le 30 mars dernier, le journaliste David Bacon nous raconte la situation des travailleurs hispanophones de la télévision californienne KFTV Channel 21.
Le canal espagnol KFTV, situé à Fresno en Californie appartient à Univision, un empire énorme de médias possédé par un groupe d'investisseurs les plus riches du Mexique.
Toutefois, les politiques salariales de la station de télévision californienne ne réflèteraient pas les moyens financiers de ses propriétaires.
Dans les faits, David Bacon rapporte que les travailleurs hispanophones sont sous-payés par rapport à leurs homologues anglophones.
Un emploi aux services des nouvelles de la chaîne anglaise pourra payer jusqu'à 80 000 $ par année alors que son équivalent espagnol gagnera à peine le tiers de ce montant.
Martin Castellano, un contrôleur principal du canal hispanophone, possède 10 ans d'expérience et gagne 21 500 $ par année, alors qu'à d'autres stations locales ils font 30 000 $ et plus.
La journaliste Reina Cardenas a déclaré qu'elle considérait qu'elle était victime de discrimination parce qu'elle parle l'espagnol et qu'elle dessert la clientèle "fastest-growing" de la chaîne de télévision.
Dans d'autres secteurs d'activités les salariés qui savent parler l'espagnol bénéficient de primes additionnelles.
C'est le cas notamment dans le domaine de l'enseignement.
À l'inverse, les travailleurs hispanophones de la chaîne Univision reçoivent une pénalité salariale pour parler l'espagnol.
David Bacon, nous rappelle que pendant un siècle, jusqu'aux mouvements des droits civiques des années 60, les ouvriers mexicains dans les mines, les chemins de fer et les usines ont été payés un
salaire qui était inférieur à leurs homologues blancs effectuant le même
travail. D'ailleurs, les salaires mexicains ont causé un soulèvement armé dans la petite ville de
Sonoran de Cananea en 1906, dans une bataille célèbre qui a amorcé la révolution mexicaine.
Les travailleurs californiens du Channel 21, membres de la CWA, tentent présentement de négocier une nouvelle entente de travail avec Univision.
La lenteur des négociations a convaincu quelques militants de débuter une grève de la faim qui demeure actuellement sans succès malgré les pressions qu'ils ont effectuées auprès des autorités californiennes.
Après six semaines de grève de la faim, les travailleurs hispanophones font toujours face à l'indifférence de la compagnie Univision.
Voir aussi le dossier disponible chez NABET-CWA
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Dans l’ouvrage "The Quality of Work: A People-Centred Agenda", le directeur du Réseau de la main-d’œuvre des RCRPP, Graham Lowe, soutient que les débats au sujet de l’avenir du monde du travail ont été trop axés sur la quantité d’emplois disponibles. À son avis, la création d’emplois est sans doute importante, mais il faut aussi songer sérieusement à la qualité des emplois que l’on parvient à créer. Dans les faits, l’auteur, qui est aussi professeur de sociologie à l’Université de l’Alberta, soutient qu’un programme axé sur la qualité du travail est essentiel si nous voulons assurer le maintien de la vitalité du Canada, tant sur le plan économique que social. En se fondant sur une analyse empirique des tendances de l’emploi et des mutations en milieu de travail et en considérant ce que l’on peut faire à leur sujet, Lowe soutient qu’une qualité élevée du travail représente une base commune qui répond, d’une part, aux préoccupations des employeurs concernant la productivité et, d’autre part, aux aspirations des travailleurs qui sont à la recherche d’emplois offrant plus de défi et de substance. L’ouvrage The Quality of Work: A People-Centred Agenda est publié par les Oxford University Press. Si Davduf fait parfois dans la dérision volontaire, le Journal Libération s'est fait, pour sa part, prendre à son jeu en voulant taquiner le poisson. Hi! Hi! Samedi 1er avril, Libération a publié l'histoire de Klientpower.com, une start-up imaginaire censée illustrer les excès de ce petit monde. Pour faire rire, mais aussi pour démonter les mécanismes qui peuvent présider à la création d'une start-up. Forçant allègrement sur les détails farfelus, les auteurs croyaient bien être démasqués dans leurs espiègleries. Mais voilà que l'histoire nous raconte que tel ne fut pas le cas et que de nombreux internautes ont adressé des réponses très sérieuses pour appuyer le modèle proposé. Signe des temps? se questionne Libération! Toujours à la CEQ, un forum de discussions à fréquenter : La négociation collective porte-t-elle en elle-même les germes de la discrimination? De tout temps et dans toutes les sociétés, les gains syndicaux ont contribué et contribuent encore au relèvement général des normes et des conditions de travail. Par contre, au sein d’un syndicat, la conciliation des intérêts individuels et des intérêts collectifs est toujours problématique. La négociation collective ne peut pas reposer sur l’addition des demandes individuelles et son résultat ne pourra jamais satisfaire pleinement tous les intérêts individuels. L’émergence de divers groupes de pression organisés hors des structures syndicales soulève des questionnements importants. La démocratie syndicale a-t-elle encore un sens? La solidarité est-elle une valeur dépassée? Le ralliement à la majorité est-il devenu impensable dans une société de plus en plus individualiste? |
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Une bonne semaine à tous et à toutes!
Monique Fréchette
ISSN 1481-0069 © 1998 L'Itinérant électronique enr. - La reproduction est interdite, sauf a des fins non commerciales avec mention de la source. La politique de ce site est basée sur le respect des droits de la personne [ Accueil ] |